Je hume et fume mon Cohiba sans me soucier de l’heure qu’il fait. Je garde en mémoire les élucubrations d’un grand expert-comptable qui humectait et sentait son gros cigare, lors de nos réunions et reniflait fiévreusement le bout de ses doigts. J’avais alors donné à cet accès de passion olfactive l’explication de Françoise Dolto : “chez le bébé au début la motricité est végétative, péristaltique. La bouche dans l’apaisement des tensions des besoins, faim et soif, besoin d’apport alimentaire est complémentation du sens, amour de l’amour, par le déport, l’expulsion secondaire de l’excrément, expulsion peut être qui traduit un fonctionnement plaisant du corps, à défaut d’autres plaisirs”. Cet expert-comptable a passé son chemin, sans doute, il ne se rappelle même pas de moi.

Loin de ses considérations psychotiques de ce genre de personnages qui peupla ma jeunesse, aujourd’hui, mes amis veulent que j’occupe plus de terrain, que je m’exprime, que je défende un film ou que je condamne une interdiction de diffusion, que je m’élève contre un festival où que je m’oppose carrément au gouvernement. Je leur dis que les choses ne sont pas si simples. Je ne leur fais pas grief de leur révolte, de leur doute, mais j’ai appris, depuis longtemps, à force de souffrances, à me méfier de mon enfance et des histoires qui l’ont façonnée. A éviter les partis pris et à essayer coûte que coûte de comprendre le cycle d’évolution des mœurs de la société, quand je leur dis tout cela je parais certainement à leurs yeux comme incurablement naïf, mais je n’aime pas les révolutions (révulsions)je leur préfère les évolutions paisibles vers le destin des nations.

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